À la découverte du Cloud Computing

À la découverte du Cloud Computing

Si je vous parle du Cloud, je suis prête à parier que vous pensez directement à la suite Google ou à Microsoft Office Online. Et il n’y a pas de mal à ça !

Mais le Cloud est bien plus que ça. Tout un pan de cette notion reste obscur pour un bon nombre de personnes, dont moi-même.

Je suis partie à la rencontre de Marwane, un passionné et un expert du Cloud, afin de mieux comprendre tout ce que ce « nuage » peut faire pour nous.

 

Marie : Bonjour Marwane ! Peux-tu te présenter ?

Marwane : Bonjour ! Je suis actuellement chef de projet PIM et j’exerce en tant qu’indépendant. Cela fait depuis 2015 que je travaille sur les technologies et les services du Cloud Computing, je suis également certifié Architecte AWS.

 

: Peux-tu expliquer ce qu’est le Cloud Computing ?

: Je définirais le Cloud Computing comme une solution informatique permettant d’avoir accès à des services payés à la demande, par exemple des applications, une architecture, une infrastructure… Totalement dédiés pour répondre à tes besoins. Cela va se passer via internet, sur une plateforme.

Aujourd’hui, le Cloud propose énormément de services et touche tous les domaines, comme le Machine Learning, la virtualisation, l’IOT, les solutions d’assistants vocaux et j’en passe… Il y en a vraiment pour tout le monde !

 

M : Et comment as-tu découvert le Cloud ?

: A l’époque, je travaillais avec un ami sur un projet perso. On voulait avoir une base de données sur un serveur, mais on ne possédait qu’un seul PC. Il fallait qu’on ait un service dédié pour gérer notre base de données, on s’est donc mis d’accord pour rechercher une solution qui pourrait nous rendre ce service.

C’est comme ça qu’on a découvert le PAAS et des providers comme Azure par exemple. On a également pu essayer Amazon grâce à une version d’essai gratuite d’un an.

Au fur et à mesure, le domaine du Cloud nous a beaucoup plu. On a découvert par la suite pas mal de services, comme le stockage, la création de serveur, et même le développement ! On a même créé un petit projet sur chaque service pour tous les essayer.

 

: Justement, y a-t-il différents types de Cloud ?

: Il existe 3 niveaux de services :

  • Infrastructure As A Service (IAAS) : c’est un concept qui permet d’avoir son infrastructure en Cloud au lieu d’acheter un serveur classique.
  • Plateforme As A Service (PAAS) : à ce niveau, plus besoin de gérer tout ce qui concerne le matériel : il suffit de se connecter, de créer une instance pour avoir une machine virtuelle qui fonctionne comme un vrai PC. Il faut juste faire la configuration nécessaire pour répondre à nos besoins. Plus de soucis de mise à jour ou de sécurité, cela est inclus directement au niveau du service.
  • Plus proche de l’utilisateur, le Software As A Service (SAAS) : de plus en plus d’indépendants et d’entreprises font la transition entre des applications clients lourdes (celles qui sont installées sur des PC) vers des applications web. On se connecte sur une solution qui va nous permettre d’utiliser des services, sans se soucier de la plateforme sur laquelle elle est déployée ni ses mises à jour ni rien d’autre. 

 

: Quels sont selon toi les avantages à utiliser le Cloud Computing ?

: Je dirais tout d’abord qu’il y a un réel avantage en termes de gestion de budget. Tu n’es pas censé investir énormément sur un projet avant que tu saches s’il sera vraiment rentable. Le risque est que si le projet s’arrête en plein milieu, tu auras investi pour rien.

En utilisant le Cloud Computing, cela nous permet d’avoir un budget plus flexible, qui dépend de nos réels besoins. On va finalement payer que ce que l’on demande. Cela veut dire qu’on peut arrêter ce projet quand on le souhaite.

Ensuite, l’élasticité : la plateforme, ou encore l’infrastructure, est élastique, elle s’adapte aux besoins inattendus. Plus besoin d’essayer de deviner ce qui va arriver dans le futur ! Prenons l’exemple d’un site e-commerce pendant une période d’augmentation des ventes (comme Noël) : si on n’a pas la bonne infrastructure, il y aura forcément un impact business.

Enfin, il n’y a plus de maintenance à effectuer. On peut donc se concentrer sur notre métier et ne plus se soucier de la maintenance des serveurs, des systèmes… Grâce à la shared reponsability: on a nos responsabilités sur l’utilisation de ces applications, tout le reste, par exemple la sécurité ou les mises à jour, est à la charge du provider.

 

: Et les inconvénients ?

M : La sécurité est très souvent vue comme un inconvénient au Cloud Computing. Je pense sincèrement qu’elle n’en est pas un, toujours par rapport à la shared responsability.

La sécurité est partageable, cela veut dire que ce sont les providers qui sécurisent : ils vont monitorer s’ils rencontrent des problèmes, des failles. En parallèle, l’utilisateur doit avoir les bonnes pratiques sur la plateforme. Si l’utilisateur respecte les normes de sécurité basiques, comme le fait de créer une base de données dans une instance privée, non-accessible aux utilisateurs externes, par exemple, il pourra être parfaitement autonome et travailler en toute sécurité.

Enfin, il y a un autre inconvénient plutôt évident : impossible d’utiliser le Cloud si vous n’avez pas internet. Si l’absence d’internet risque de compromettre votre travail, il faudra penser à une solution hybride : avoir des solutions sur le Cloud et des solutions critiques qui resteront en local, donc accessibles dans n’importe quelle condition.

 

: D’ailleurs, est-ce que mes données et mes documents sont sécurisés dans le Cloud ?

M : Je suis allé dernièrement à une conférence sur la sécurité dans le Cloud. Le conférencier a présenté toutes les certifications que possédait la plateforme sur laquelle il travaillait : des normes, des process de sécurisation… C’est un très bon exemple de shared responsability entre l’utilisateur et le provider. Ce dernier garantit que sa plateforme et tes données sont en sécurité, personne ne peut s’y infiltrer. Le reste ne va dépendre que de toi comme je l’expliquai précédemment. La sécurité commence à partir de la façon dont on consomme un service.

 

: Et qu’en est-il de l’aspect collaboratif ? Est-ce que le Cloud le renforce vraiment selon toi ?

: Je vais te prendre l’exemple de Slack, le meilleur exemple d’outil collaboratif que je connaisse. Aujourd’hui, le mail et ses pièces jointes deviennent littéralement une mauvaise pratique : Slack est de plus en plus utilisé à la place des traditionnels mails. Il apporte tellement plus de rapidité, d’efficacité et de réactivité ! On peut développer en collaboration, travailler en même temps que son équipe et en temps réel, partager toutes nos ressources, blocages, soucis rencontrés… Ce type d’outil nous rend de plus en plus agiles.

 

: Pour conclure, que dirais-tu à nos lecteurs pour les convaincre de passer définitivement au Cloud, qu’ils soient indépendants ou non ?

M : Tout d’abord, il faudra adopter le « Cloud First » : à chaque fois qu’on aura un nouveau projet en tête, il faudra voir directement s’il est possible de le mettre en place sur le Cloud afin de bénéficier de ses avantages.

Il y a aujourd’hui des projets innovants qui n’étaient pas possible de mettre en place avant le Cloud ! Par exemple, je n’imaginais jamais pouvoir créer une solution qui assiste les gens vocalement sans les possibilités et les services que le Cloud m’offre aujourd’hui.

Le but du Cloud est réellement de simplifier, de donner plus de fonctionnalités simples d’accès à tous les utilisateurs, même ceux qui ne connaissent rien à l’informatique jusqu’aux développeurs et aux chercheurs.

Avant, pour les start-ups, il y avait le souci de trouver une infrastructure et une personne dédiée qui pourrait s’en occuper. Aujourd’hui, tu peux commencer ton projet et ton aventure juste en utilisant le Cloud !

 

Un grand merci à Marwane pour cette interview et pour ses précieuses connaissances !